Les droits humains ne suffisent pas.

Les droits humains et les droits des travailleurs sont devenus un enjeu majeur, tant dans le secteur des produits de la mer que dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement agricole. À l’instar de leurs homologues travaillant à terre, les pêcheurs sont particulièrement exposés aux abus et aux violations de leurs droits fondamentaux. Cette situation est manifestement inacceptable. Qu’ils travaillent en mer ou à terre, ces travailleurs occupent le bas de l’échelle sociale ; souvent issus de communautés défavorisées et en situation de grande précarité, ils sont parfois contraints de travailler illégalement, dans des conditions s’apparentant à de l’esclavage. De nombreuses initiatives, engagements et actions sont toutefois menés pour garantir le respect de ces droits, notamment par le biais d’audits indépendants et de procédures internes aux entreprises visant à assurer l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement.

Cela va de soi. Nous adhérons à toutes les pratiques respectueuses des droits humains et des droits des travailleurs, mais notre approche fondée sur les questions « Qui, quoi, où, comment ? » va plus loin : elle privilégie automatiquement les pêcheries où le risque de pratiques abusives est faible. De même, notre volonté de travailler durablement avec la même chaîne d’approvisionnement et les mêmes partenaires permet de limiter le recours à la stratégie d’approvisionnement axée avant tout sur le prix, courante ailleurs. Certes, le prix est un facteur important, mais ce n’est jamais la première question que nous posons. Nous voulons que l’accès aux ressources halieutiques soit réparti de manière démocratique et équitable, c’est-à-dire que les modalités et l’historique de l’attribution des parts reflètent un processus démocratique, ouvert et inclusif. Bien entendu, cette exigence démocratique doit être évaluée à l’aune de l’acceptabilité ; c’est là un exemple illustrant la difficulté de prendre toujours la bonne décision.

Les États membres ont appelé à adopter des « approches holistiques et intégrées du développement durable, propres à guider l’humanité vers une vie en harmonie avec la nature et à favoriser des efforts visant à restaurer la santé et l’intégrité de l’écosystème terrestre ». Dans ce contexte, ils ont souligné, entre autres, l’importance de « la conservation et de l’utilisation durable des océans, des mers et de leurs ressources aux fins du développement durable, notamment par leur contribution à l’élimination de la pauvreté, à une croissance économique soutenue, à la sécurité alimentaire ainsi qu’à la création de moyens de subsistance durables et d’emplois décents… »