Notre point de vue sur le MSC

Nous ne soutenons pas le MSC. En fait, nous avons pris part à plusieurs campagnes visant à réformer et à améliorer le MSC, notamment « On the Hook » et « Make Stewardship Count ». Notre principale critique porte essentiellement sur l’idée que le MSC constituerait une norme élevée, voire la plus élevée, en matière de produits de la mer durables. Nous considérons le MSC comme un système d’amélioration excessivement complexe ; il a certifié de nombreuses pêcheries qui n’auraient jamais dû l’être et a accaparé la définition de la durabilité au détriment d’autres pêcheries. Cette situation est particulièrement inéquitable, injuste et non durable lorsque ces autres pêcheries sont des pêcheries artisanales à petite échelle qui, pour diverses raisons, ne sont pas certifiées.

Nous avons été la première marque de conserves de poisson au monde à obtenir la certification MSC, mais nous avons décidé de nous en retirer car nous estimions qu’un nombre croissant de certifications concernaient des pêcheries et des méthodes ne pouvant être qualifiées de durables. Nous avions également le sentiment que les partisans du MSC cherchaient délibérément à évincer les points de vue et approches alternatifs afin d’imposer un discours dominant, favorable aux chaînes d’approvisionnement industrielles et préjudiciable à la pêche artisanale.

À nos yeux, le MSC incarne parfaitement l’approche centrée sur les stocks halieutiques. Cette dernière met l’accent de manière manifeste sur les questions de stocks et de gestion — qui relèvent essentiellement du système de gouvernance — tout en se montrant assez défaillante concernant les choix d’approvisionnement individuels, qui sont pourtant du ressort de chaque entreprise.

Notre fondateur, Charles Redfern, a été entendu en tant qu’expert lors de l’enquête menée par le Parlement britannique sur le MSC en septembre 2018. De nombreuses ONG et des experts indépendants ont soumis des avis critiques dans le cadre de cette enquête. En octobre 2022, après quatre années de délibérations et ce qui a été qualifié d’« examen le plus approfondi » de son histoire, le MSC a dévoilé la version 3 de ses normes, les présentant comme plus robustes et plus performantes qu’auparavant, avec des améliorations substantielles à tous les niveaux. En agissant ainsi, l’organisme reconnaissait implicitement le bien-fondé d’une grande partie des critiques formulées ; toutefois, la mise en œuvre généralisée de cette révision devait s’étaler jusqu’en 2030 — un calendrier et des exigences qui ont depuis été assouplis sous la pression des pêcheries ! Il est désormais impossible d’affirmer que le MSC représente le summum de la durabilité ; de fait, le discours de l’organisation a en partie évolué pour s’articuler autour du concept de « théorie du changement ».

 

Si le MSC et ses partisans présentaient le programme essentiellement comme un projet d’amélioration destiné à la pêche industrielle, nous nous en réjouirions et apporterions notre soutien. Nous sommes favorables à toutes les initiatives d’amélioration, quelles qu’elles soient. Nous apprécions tout particulièrement la documentation d’audit et les analyses que le processus MSC centralise sur son site Internet. Nous nous approvisionnons auprès de pêcheries certifiées MSC présentant un faible niveau de risque et utilisant des méthodes à faible impact et très ciblées, mais nous choisissons de ne pas apposer le logo MSC sur ces produits. Il aurait été bien plus simple pour nous de ne pas nous opposer au MSC : cela nous aurait permis d’acheter à moindre coût et d’ouvrir des portes qui nous avaient été claquées au nez. À notre connaissance, aucune autre marque n’a adopté une telle position ni fait preuve d’un tel engagement en faveur de l’amélioration des normes et de l’approche du MSC.